vendredi, 02 décembre 2005
Noël aux allures de carnaval
Le père Noël de la fête.
Article paru dans l'Est Républicain le 24 décembre 2001 en page Verdun
Noël aux allures de carnaval
Le spectacle organisé au théâtre samedi après-midi était pourtant gratuit. Mais hélas, le public de ce premier jour de vacances était clairsemé : une centaine de spectateurs, parents et enfants, occupaient le parterre et la première galerie, où avait pris place Christelle Renaud, adjointe à la culture. « Seule explication plausible : la date coîncidant avec les départs en vacances et les achats de Noël », constataient les responsables.
Mais le public a passé deux heures agréables, grâce aux acteurs ou danseurs bénévoles contactés par les quatre étudiantes de BTS Créapub du lycée de la Doctrine à Verdun : Jennifer, Rhadija, Fanny et Audrey. Elles se sont beaucoup démenées pour trouver les artistes et les partenaires, notamment les commerçants qui ont offert les lots.
Le spectacle a mis en scène les grands et les petits de l'école de la Ville-Haute dans des danses originales. Danses aussi avec le groupe « L16 » d'Ancemont, remarquable de synchronisation. Puis, Christophe Pichet, malgré sa frêle silhouette, a occupé la scène dans des chorégraphies aussi dynamiques et expressives que son modèle Michaël Jackson. Un véritable mimétisme sous les éclairages savamment dosés par les techniciens du théâtre qui prêtaient leur concours à cette manifestation.
La chanson avait aussi sa place grâce à Angélique et Amandine. Une des originalités de cette matinée pour enfants était le concours de déguisements réservé aux écoliers de maternelle et primaire, et une vingtaine ont joué le jeu avec quelques originalités. Si un classement a bien été établi par un jury installé dans la loge d'honneur, tous les participants ont été récompensés par le père Noël. Normal, en cette période où les cadeaux sont rois.
Le spectacle organisé au théâtre samedi après-midi était pourtant gratuit. Mais hélas, le public de ce premier jour de vacances était clairsemé : une centaine de spectateurs, parents et enfants, occupaient le parterre et la première galerie, où avait pris place Christelle Renaud, adjointe à la culture. « Seule explication plausible : la date coîncidant avec les départs en vacances et les achats de Noël », constataient les responsables.Mais le public a passé deux heures agréables, grâce aux acteurs ou danseurs bénévoles contactés par les quatre étudiantes de BTS Créapub du lycée de la Doctrine à Verdun : Jennifer, Rhadija, Fanny et Audrey. Elles se sont beaucoup démenées pour trouver les artistes et les partenaires, notamment les commerçants qui ont offert les lots.Le spectacle a mis en scène les grands et les petits de l'école de la Ville-Haute dans des danses originales. Danses aussi avec le groupe « L16 » d'Ancemont, remarquable de synchronisation. Puis, , malgré sa frêle silhouette, a occupé la scène dans des chorégraphies aussi dynamiques et expressives que son modèle . Un véritable mimétisme sous les éclairages savamment dosés par les techniciens du théâtre qui prêtaient leur concours à cette manifestation.La chanson avait aussi sa place grâce à Angélique et Amandine. Une des originalités de cette matinée pour enfants était le concours de déguisements réservé aux écoliers de maternelle et primaire, et une vingtaine ont joué le jeu avec quelques originalités. Si un classement a bien été établi par un jury installé dans la loge d'honneur, tous les participants ont été récompensés par le père Noël. Normal, en cette période où les cadeaux sont rois.
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vendredi, 25 novembre 2005
Téléthon 2005
Etant une ancienne résidente de la MAS, je faisais aussi le Téléthon dans les années précédentes. Mais je tiens à faire passer l'article dans notre blog. Nous irons les voir faire leur spectacle et les bénéfices iront au Téléthon :
Article paru dans l'Est Républicain le 13 novembre 2005 en page Commercy
Les résidents de la MAS de Commercy donnent le meilleur d’eux-mêmes pour la préparation du Téléthon 2005.
Le Téléthon en pleine préparation
Une forte implication des résidents de la MAS Stanislas.
La MAS Stanislas (Maison d'accueil spécialisée) est située dans l'enceinte même de l'hôpital Saint-Charles à Commercy. Structure destinée à accueillir des adultes handicapés physiques, elle compte aujourd'hui 15 résidents. Frappés par des maladies génétiques incurables, certains d'entre eux sont atteints par des pathologies lourdes, comme celles du spina bifida, sclérose en plaque, myosite ossifiante ou myopathie entre autres. Conscients de leur handicap, résignés, les résidents de Stanislas ne laissent cependant pas tomber les bras. Confiants et croyants aux progrès de la recherche et de la science, ils se tournent vers l'avenir et les autres. Ainsi, ils ont la volonté de participer et de contribuer à un effort collectif, avec leurs moyens, sachant qu'ils n'en seront pas eux-mêmes bénéficiaires. Aidés du personnel de l'établissement, les résidents de Stanislas préparent depuis déjà quelques jours leur contribution au Téléthon 2005 avec un spectacle de variétés et de danse qui se déroulera à la salle des Roises à Commercy, samedi 3 décembre, à partir de 14 h. Le programme, d'une durée totale de deux heures, comportera une présentation de la troupe Révolution, constituée par les résidents eux-mêmes et différentes prestations effectuées par des partenaires : école de danse Gabriel-Lemoine, groupe folklorique chonvillois, chorale du canton de Void et groupe Narguileur. Si l'entrée est gratuite pour tous, les organisateurs ont prévu de reverser tous les produits de la buvette et des dons recueillis au profit du Téléthon.
Nos généreux résidents comptent sur une large participation du public pour assurer le succès de cette action et battre les records de participation.
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jeudi, 24 novembre 2005
Le handicap trouve compensation
Article paru du 18 octobre 2004 dans l'Est Républicain en page Meuse
Les grandes institutions de la santé s’engagent, par écrit, à financer toutes les demandes validées.
Le handicap trouve compensation
Plus question de galérer pour trouver des aides, les personnes handicapées disposent d'un interlocuteur unique : le site de la vie autonome. Et ça leur change la vie.
Ils voulaient bien, mais ils ne pouvaient point. Les personnes handicapées souffrent d'abord du manque d'autonomie. Des exclus au milieu des autres. Oh ! Il y a bien la loi de juin 1975 qui leur reconnaît ce droit à accéder à un minimum d'indépendance. On sait aussi que l'Union européenne a pris une résolution pour réaffirmer l'égalité des chances. Mais derrière des paroles et des écrits, a toujours sonné le creux. La journée de mobilisation des associations de lutte contre le handicap, il y a quelques semaines, pour réclamer la revalorisation de l'allocation handicap (AH), l'a mis en lumière.
L'installation d'un site de la vie autonome (SVA) constitue, cependant, un beau pas en avant. « Ce dispositif va faciliter leur vie quotidienne et donc améliorer leur autonomie », estime Carole Roussé, la chargée de mission du SVA dans la Meuse. Car c'est cette structure qui, désormais, effectue les démarches contraignantes à la place des handicapés.
Fini, la galère pour trouver les moyens d'acquérir un fauteuil roulant ou un synthétiseur vocal, obtenir l'argent pour réaménager un logement... Jusque-là, il fallait aller toquer à toutes les portes possibles. Et bien maintenant, ce travail, le SVA va s'en charger. Pour Jean-Claude Bouchon, le président de la Mutualité française dans le département, qui accueille ce nouveau système : « Il se doit d'être un lieu d'accueil, d'information, de conseil et de coordination. »
Il n'y aura plus, à présent, qu'un seul dossier à remplir. Un comité d'évaluation l'examinera ; charge à celui-ci d'étudier la situation médicale et sociale du demandeur. Et de lui proposer le schéma le mieux adapté. A condition qu'il s'agisse bien de compensation du handicap. « Si quelqu'un veut refaire son logement, on va s'assurer que ce n'est pas réparer une toiture. Mais par exemple, remplacer une baignoire par une douche. Pour évaluer le besoin, nous interpellerons, bien sûr, les professionnels qui ont l'habitude de suivre la personne : comme son assistante sociale, qui pourra justifier des ressources disponibles. »
Plus de 70 dossiers
Le projet technique validé, les financeurs se réuniront en commission tous les 2e jeudis du mois, pour l'agréer ou non. Ils s'y sont engagés par convention. Parmi ces payeurs, en plus de l'Etat, figurent toutes les grandes institutions de la santé : la Caisse primaire d'assurance maladie, la Mutualité sociale agricole, la Caisse régionale d'assurance maladie, l'Agence nationale d'amélioration de l'habitat, la Caisse régionale des artisans et des commerçants.
Cette mobilisation générale semble convaincre les personnes handicapées, si l'on en juge le nombre de dossiers ouverts depuis juin dernier : soixante-deux au 1er octobre. Et il va y avoir une montée en puissance, puisqu'une dizaine d'autres se sont ajoutés, ces quinze derniers jours. Les associations qui les représentent, elles, affichent leur contentement : « On en pense beaucoup de bien. Nous n'avons pas voulu gérer ce site de la vie autonome pour ne pas être juge et partie. Il devra s'intégrer dans la future maison départementale du handicap », rappelle Yves Laurière, le directeur régional de l'APF (association des paralysés de France). « Nous avons depuis longtemps fait le siège des ministères pour obtenir cette compensation intégrale. Cela va dans le sens de la solvabilité. Beaucoup de gens vont reprendre espoir. Mais nous nous battons toujours pour que l'AH soit augmentée, que les bénéficiaires disposent de ressources équivalentes au SMIC. » Et pas à 47 % comme c'est le cas actuellement. Les handicapés n'ont pas encore les moyens de tout.
François-Xavier GRIMAUD
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mardi, 08 novembre 2005
Les sourires défilent
Article paru dans l'Est Républicain en page Commercy du dimanche 6 novembre 2005
Les sourires défilent
Au sein du centre Arc-en-Ciel de l'hôpital Saint-Charles, oeuvrent les bénévoles de l'association « Prends-moi la main », qui assurent les divertissements et sorties des enfants polyhandicapés. Dernièrement, ils ont organisé un défilé de mode salle des Roises, devant plus de 200 personnes.
Avec beaucoup de sérieux et une certaine aisance, les enfants et adolescents du centre ont défilé avec leurs accompagnateurs dans des tenues prêtées par des commerçants locaux (Petit Paris, Trafic, Défi mode, Yves Rocher, Calypso et les studios Liégeois). Entrecoupé de sketches de la troupe « Révolution » de la Mas adultes.
Le défilé a été un succès au vu des sourires affichés par tous les participants. Et comme un défilé n'est pas un défilé sans la robe de mariée, c'est Karine et Christophe, récemment mariés, qui ont accepté de défiler aux côtés de bénévoles d'« Axa atout coeur » (dont deux représentants venus spécialement de Paris) qui leur avaient offert la robe et le costume du jeune marié.
Après ce beau succès, le bureau de l'association a tenu à remercier la trentaine de bénévoles qui ont participé à cet événement ainsi que les commerçants locaux, « Axa atout coeur », l'hôpital Saint-Charles et le centre Arc-en-Ciel. Et la conclusion du président : « Même si cela n'a pas toujours été facile, tous les bénévoles sont prêts à recommencer pour voir à nouveau les sourires des enfants ».
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vendredi, 21 octobre 2005
Karine et Christophe
Article paru dans l'Est Républicain le dimanche 4 septembre 2005 en page Commercy
Karine et Christophe
Hier après-midi, Rachel a ceint son écharpe tricolore d'adjointe au maire pour rejoindre le député-maire François Dosé avant d'accueillir au château Karine Cayel et Christophe Pichet, pour célébrer leur mariage, le 26e porté sur les registres de la ville cette année.
Karine est née à Remiremont, Christophe est originaire de Verdun.
La quête effectuée à l'issue de la cérémonie a été partagée entre le CCAS de Commercy, l'Amatrami et l'association « Prends-moi la main ».
Nos félicitations.
17:55 Publié dans Articles de Journaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 19 octobre 2005
Handicapés trouve appartement
Article paru dans l'Est Républicain en page Meuse du lundi 31 janvier 2005
Handicapés trouvent appartement
Karine Cayel, myopathe, a toujours vécu en institution. Jusqu'au jour où elle rencontre Christophe Pichet, handicapé, mais valide. Et soudain, pour le couple, s'ouvre le champ des possibles. A Commercy...
« J'ai vu Christophe débarquer tout seul, avec sa voiturette et quelques cartons ! Et puis, tout juste derrière, Karine, qui suivait toute seule dans son fauteuil, j'en suis resté comme deux ronds de flan ! » Eberlué, Jean-Louis Drouot... « On aurait pu les aider, tout de même. »
Mais c'est que Christophe et Karine n'y tenaient pas. En cette arrivée sans tambour ni trompette, avec leur handicap pour tout bagage, ils voyaient le symbole même du bonheur auquel ils pouvaient accrocher leurs espoirs. Enfin !
« Parce que si on se faisait aider dès le départ, on aurait pris l'habitude, plaide le jeune homme. Et jamais on l'aurait méritée, notre autonomie. » Le 24 janvier dernier, le couple a donc fait le chemin par ses propres moyens, pour gagner leur appartement de la rue Colson à Commercy. Quelques murs, l'accession au luxe : celui de la normalité. « Là, on est chez nous. »
Coup de foudre
Karine Cayel, 30 ans, d'origine vosgienne, est atteinte d'une myopathie. Maladie évolutive qui la prive de l'usage normal de ses bras, la condamne au fauteuil roulant et surtout à une structure d'accueil adaptée. Depuis l'âge de deux ans, elle est placée en institution, et depuis 1994, à la MAS, maison d'accueil spécialisée, de Commercy.
Christophe Pichet, 33 ans, est atteint, lui, du syndrome de Pierre Robin. Qui le prive d'oreille. En outre, de la dernière de ses 35 opérations pour lui reconstituer des pavillons auriculaires, il lui reste un trouble de la vision : il voit double. Il n'a jamais quitté le foyer de ses parents, à Verdun. Jusqu'au jour où...
Jusqu'au jour où il rencontre Karine. C'était début 2004, grâce à l'un de ses copains, résident lui aussi à la MAS. Un coup de foudre immédiat, des fiançailles, et pour ces deux-là que la vie n'avait pas ménagés, soudain une chance inespérée « d'en sortir ».
Cas unique
Christophe, lui, est mobile. Et très vite s'est insinuée l'idée, qu'à leur tour, ils pourraient constituer un foyer.
« Mme Tourenne, mon ergothérapeute, comme Mme Beduchod, notre assistante sociale, deux femmes qui nous ont beaucoup aidés, n'avaient jamais entendu parler d'un cas pareil », signale Karine, rayonnante dans sa nouvelle cuisine, où Christophe vient de tout astiquer.
Tout restait à inventer. Aux HLM, les appartements, même pour handicapés, n'étaient pas adaptés au cas de la jeune femme. L'annuaire leur désigne alors l'agence Antoine Immobilier, où Manuel Colson a aussitôt une inspiration : l'ancienne agence Axa, que le propriétaire, M. Drouot, pensait convertir en commerce. « Mais après tout, pourquoi pas un appartement pour handicapés ? » Aussitôt dit, presque aussitôt fait. « Ce n'était pas plus difficile à faire, pour peu qu'on se concerte, confirme Jean-Louis Drouot. Il faut d'abord que ce soit fonctionnel. »
Du coup, les plans ont été conçus à huit mains. Il fallait élargir la salle de bain ? On élargit la salle de bain. De même pour les accès ? C'est fait. De beaux volumes sont dégagés. Toujours on prévoit les dimensions nécessaires aux manoeuvres du fauteuil.
« Dès qu'ils entendent parler d'appartement adapté, les propriétaires ont peur d'un coût pharaonique, signale Manuel Colson. Alors que ce n'est pas forcément le cas. »
Équipements
Après bien des démarches, ils ont réussi, grâce au conseil général et à la caisse d'assurance maladie, à réunir la somme nécessaire pour les équipements spécifiques. Un nouveau fauteuil, doté de commandes à distance pour ouvrir la porte, allumer la télé, le magnétoscope, etc., le lit double médicalisé, un lève-personne et un élévateur de bain. Soit près de 20.000 € de frais. Pour le reste, ils s'en sortiront grâce à l'allocation adulte handicapé, 681 € chacun, et l'allocation compensatrice tierce personne qui permet l'emploi d'une auxiliaire de vie.
Karine feuillette le classeur soigneusement rangé où figure chaque étape de cette aventure sans exemple en Meuse. Les démarches se multipliaient. Dans leur entourage, peu d'opposition. Seulement de l'incrédulité. Mais Christophe, dès septembre, faisait quotidiennement, en voiturette, l'aller-retour Verdun-Commercy... Le rêve devenait tangible.
« Pourtant, vraiment, jamais je n'aurais cru avoir une vie ailleurs qu'en établissement », s'émerveille Karine, qui, de l'avis général, « a beaucoup changé ». C'est que le bonheur, il lui faudra un peu de temps pour s'y habituer...
Lysiane GANOUSSE
18:15 Publié dans Articles de Journaux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Handicapés à Domicile
Article paru dans l'Est Magazine du n° 327 du dimanche 17 juillet 2005 en page « Solidarité » :
Handicapés à domicile
Lorsque Karine et Christophe se sont rencontrés, ils ont rêvé de fonder un foyer. Rien de plus naturel, vous croyez ?
Karine feuillette son dossier, comme elle le ferait d'un album photos ; Christophe passe un dernier coup d'éponge sur la gazinière. Jour tranquille à Commercy. Scène classique d'un jeune foyer qui vient de s'installer. « Ah, si ça avait été si simple que ça... ! » Rien n'a été simple pour Karine Cayel, 30 ans, dont la myopathie lui interdit l'usage d'un bras, l'a clouée dans un fauteuil roulant et condamnée à 27 ans d'institution. Les dix dernières années, elle les a passées à la MAS (Maison d'accueil spécialisée) de Commercy. « Je ne pensais jamais en sortir. Il a fallu que je rencontre Christophe pour commencer à y croire. » Elle lui lance un regard plein de tendresse, il en bafouille.
Pour Christophe Pichet aussi la vie n'a pas déroulé son tapis rouge. Le Verdunois de 33 ans souffre du syndrome de Pierre Robin, qui le prive d'oreille. Et au bout de 35 opérations pour les lui reconstruire, l'anesthésie a touché le nerf optique : il voit double.
Tous deux ont connu "l'anormalité". Et la solitude, dans laquelle ils se croyaient murés à perpétuité. Mais il y a un an, ils se sont rencontrés. Se sont aimés. Et ont eu l'infinie prétention de fonder un foyer...
Sur mesure
L'atout, c'était la validité de Christophe, apte à assurer le fonctionnement pratique de la maison : les tâches ménagères, bien sûr, mais aussi le nécessaire coup de main pour aider Karine aux gestes du quotidien.
Des réserves ? Il y en eut. Du scepticisme en fait. Il faut savoir qu'à la MAS, jamais encore le cas ne s'était présenté. Mais le principal problème, c'était trouver l'appartement. « Même les logements dits "pour handicapés" des offices HLM n'étaient pas adaptés », a pu constater Karine quand son assistante sociale s'est emparée courageusement du dossier. « Or, il me fallait des volumes particuliers pour manoeuvrer mon fauteuil, des ouvertures très larges, et une salle de bain accessible. » Bref, un appartement sur mesure. « Les appartements de Madame ! », sourit en complice Manuel Colson. Manuel est agent immobilier ; il est devenu un ami. Avec lui on peut aujourd'hui plaisanter du handicap sans tabou. Alors qu'au premier jour, lorsqu'ils sont venus sonner à la porte de l'agence Antoine Immobilier, il ne connaissait pour ainsi dire rien du problème. « Mais il m'est tout de suite venu à l'esprit que le directeur de l'agence AXA cherchait à reconvertir son ancien local. Quand je lui ai suggéré l'idée d'un appartement spécial pour Karine et Christophe, ça n'a pas posé de problème. En fait, contrairement à ce qu'on s'imagine, le coût n'en est pas phénoménal. »
« Sa force de vie »
Les voilà donc tous les quatre qui se penchent sur les plans pour permettre à Karine de naviguer à l'aise dans le deux pièces. Et la jeune femme, au caractère bien trempé, ne laissait rien passer. « C'est ça qui m'a plu, sa force de vie, son courage ! », glisse au passage Christophe, en admiration totale. Il est vrai que leur bonheur en dépendait. « Je suivais le travail des ouvriers, c'est seulement là que le rêve a pris forme », se souvient la jeune femme. « D'ailleurs je m'étais dit : symboliquement, il faut que je rentre dans mes murs pour mes 30 ans. » Elle y est entrée la veille, le 24 janvier dernier. Les bouchons de champagne ont sauté.
Qu'est-ce que ça a changé ? « La possibilité d'être autonome, ce n'est pas rien », souligne Christophe, pas peu fier d'endosser de nouvelles responsabilités. « C'est qu'il serait presque maniaque... », souffle Karine en le voyant activer le torchon. Il lui fait les gros yeux. Elle éclate de rire. Rien qu'un couple... en somme.
Textes Lysiane GANOUSSE Photo Frédéric MERCENIER
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Site pour la Vie
Article paru l'Est Magazine n° 327 du dimanche 17 juillet 2005 en page "Solidarité" :
Un Site pour la vie
Karine et Christophe n'auraient pas pu changer d'existence sans la mise en place dans la Meuse d'un « Site pour la vie autonome ». Vocation ? Compensation du handicap pour toute personne de - de 60 ans. Car il ne suffisait pas de trouver un appartement, encore fallait-il l'équiper. D'abord acheter un nouveau fauteuil, doté de commandes à distances (pour l'ouverture de la porte, le fonctionnement de la télé, le téléphone, etc.), le matériel d'ouverture de la porte, le lit double médicalisé, un lève-personne et un élévateur de bain. Soit près de 20.000 € de frais.
Il va de soi qu'avec l'allocation adulte handicapé, soit 681 € chacun, le couple ne pouvait investir une telle somme.
C'est pourquoi ils se sont tournés vers les instances susceptibles de les aider, autrement dit le conseil général, la Ddass, la CPAM et les mutuelles. « Tous rassemblés au sein du Site, qui se réunit en commission mensuelle », précise Mme Tourenne, l'ergothérapeute de Karine et Christophe, dont elle a défendu le dossier. « En fait, en Meuse, le Site a justement été créé pour permettre à leur projet d'aboutir, le cas ne s'était encore jamais présenté jusqu'à présent. Ça permet d'éviter de courir après chaque institution l'une après l'autre et gagner énormément de temps. » Or lorsqu'on est poursuivi par la myopathie, maladie évolutive, le temps prend une toute autre dimension.
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