mardi, 07 février 2006
Interview
Voici l'interview et une photo d'Alice atteinte d'une myopathie qui jouait le rôle de Juliette dans le téléfilm "Maldonne" qui a été diffusé sur TF1 :

Lorsqu'elle rêve, Alice quitte son fauteuil roulant : un point commun avec son personnage Juliette, qui se bat elle aussi contre la myopathie. La jeune héroïne compte sur Maldonne pour expliquer au plus grand nombre ce quotidien souvent pénible. Déjà très mature à dix ans seulement, Alice revient sur son rôle à mi-chemin entre fiction et réalité, raconte ses souvenirs de tournage et énonce ses goûts : les films à la fois drôles et émouvants, le chocolat, la neige, Noël et...tourner.
De quelle manière le film aborde-t-il le handicap ?
Il devait s'agir d'un film qui traite le handicap mais il parle aussi d'autres choses, par exemple : comment une vie de couple peut être détruite par l'arrivée d'un enfant handicapé...
Comment cette aventure a-t-elle commencé pour toi ?
Au début, il n'était pas convenu que je joue dans Maldonne. Ma mère et le réalisateur Patrice Martineau ont développé le projet, puis Corinne Touzet a accepté le rôle et j'ai fait des essais... Ca a marché ! J'en rêvais et cela me faisait plaisir de jouer aux côtés d'une grande actrice... Et puis elle est très sympa, Corinne !
Ensuite, le projet a été développé autour de toi et de la manière dont tu souhaitais parler du handicap. Le scénariste Mikaël Ollivier s'est-il beaucoup entretenu avec toi ?
Nous avons beaucoup discuté et il a même gardé certaines de mes répliques, ainsi que celle d'une de mes amies atteinte de myopathie : "Tu peux me parler normalement, ce sont mes muscles qui sont malades, pas ma tête".
C'est ton premier rôle. Comment as-tu appris à jouer la comédie ?
Je faisais déjà du théâtre à l'école et j'aime bien imiter, mimer... Pendant le tournage, Elisabeth Rodriguez, qui me coachait, me faisait travailler mon texte tous les jours. Il est arrivé que je ne comprenne pas un mot comme "mine anti-personnel" ou qu'une réplique me choque pour une enfant de mon âge, par exemple quand Juliette lance à sa mère : "Tu aurais vraiment dû réfléchir avant de coucher avec mon père"... Je trouvais ça étrange qu'une petite fille dise ce genre de choses et j'en ai parlé au réalisateur ou à mon coach et parfois, nous avons changé le texte. Mais j'ai compris que c'était la petite fille du film qui devait mentir ou se fâcher avec sa mère... et que ces paroles étaient les siennes et non les miennes.
Y avait-il des scènes plus difficile à jouer ?
Oui, les scènes tristes, comme les disputes avec Corinne. Quand on aime beaucoup une personne, c'est très difficile de se fâcher avec elle, même pour un rôle. Mais il y avait aussi beaucoup de séquences que j'appréciais, par exemple celle, pourtant très banale où on joue aux cartes...
Juliette rêve qu'elle marche. Et toi ?
Lorsque je rêve, je ne suis jamais dans mon fauteuil. Je marche. C'est pour cela, je crois, que Mikaël Ollivier a pensé à cette scène d'une petite fille marchant sur la plage...
Ton quotidien ressemble-t-il à celui de Juliette ?
Comme elle, j'ai besoin de soins. Je rentre à la maison chaque soir mais je suis scolarisée dans une école spécialisée où je reçois de l'aide. Sinon ma santé n'irait pas bien; sans mes séances de kiné à l'école, je risque de ne pas me sentir bien et quand je grandirai, ce sera fichu pour moi. Comme Juliette, je ne suis pas fana de mer parce que je ne peux pas y faire grand-chose et en général, je m'y ennuie. Disons que pour moi, elle présente quelques inconvénients... L'histoire de Juliette n'est pas tout à fait la mienne mais elle pourrait. C'est déjà arrivé à beaucoup de mes amis que leur papa parte ? Ces papas ne considèrent pas l'enfant handicapé comme une personne "normale" ou ne sont pas prêts à assumer les difficultés que le handicap va entraîner...
Patrick Catalifo joue le papa que Juliette s'est choisi. Que penses-tu de lui ?
Je l'ai rencontré pour une séance photo. J'étais contente qu'il fasse du théâtre, comme moi. Quand il est dans son personnage, il n'est pas le même : il joue tellement bien qu'il peut faire peur, mais dans la vie, il est super sympa.
Dans le film, Marc, qui n'aime pas la compagnie, va jusqu'à crier sur Juliette qui, du coup l'aime bien ! Comment expliques-tu ce revirement de situation ?
Comme elle pense qu'il sera le futur mari de sa mère, Juliette veut mieux le connaître. Elle le provoque et même quand il rouspète, il lui donne des indices, elle apprend par exemple qu'il n'a pas d'enfant et pourquoi il ne les aime pas. C'est assez bizarre qu'une enfant aime bien se faire gronder mais c'est assez drôle !
Et lui au moins, parle normalement à Juliette ! Comme elle, t'arrive-t-il de souffrir du regard des autres ?
Oui, quand des gens me fixent. Certains se cachent même derrière les rayons, au supermarché, pour me regarder. Pourtant, dans mon école beaucoup d'élèves ne sont pas handicapés et se comportent naturellement avec ceux qui le sont...
Heureusement, tu as bon caractère ! Enfin il paraît...
J'ai souvent la pêche, oui !
Gardes-tu de bons souvenirs du tournage ?
J'en ai de très drôles. Par exemple, la séquence où j'étais dans la baignoire. Ce n'était pas une vraie baignoire, elle était sur roulettes pour les besoins du film. L'eau était chaude et on a essayé de la refroidir, mais la sécurité a fini par céder et l'eau s'est déversée sur la moquette ! Une autre fois, Patrick a fait un virage impressionnant avec sa vieille voiture. On se serait cru à une course de rallye ! Et puis, il y a une scène mémorable avec un chat...qui ne cessait de s'enfuir. Ce n'était pas simple, il fallait lui donner du lait, des croquettes pour qu'il reste tranquille et finalement, nous avons dû tourner avec deux chats... Quelquefois, il m'est aussi arrivé de rigoler sans savoir pourquoi. Mon coach me disait : "arrête, ce n'est pas bien" mais c'était impossible ! J'avais déjà tourné dans un documentaire mais c'était différent. L'ambiance du film m'a beaucoup plu. C'était un grand plaisir.
Voudrais-tu tourner encore ?
Oui, plein de films ! Je préfère même cela au théâtre. J'aime bien quand ils sont drôles et émouvants, comme Maldonne. Ce pourrait être bien par exemple, inverser les rôles de Nicolas et Juliette. Un petit garçon obèse rencontrerait une petite fille handicapée... Je serais contente si je pouvais faire un film sur des personnes qui souffrent elles aussi à cause des autres.
Souhaites-tu ajouter quelque chose ?
Oui : j'aimerais que ce film change le regard des gens sur les personnes handicapées.
Propos recueillis par Maud Fayat
Cela nous a touché énormément ... c'est malheureux que nous, les handicapés, devons se battre pour une vie meilleure et que les gens acceptent tels qu'on est !!!!!!!.
17:05 Publié dans Téléfilm | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 06 février 2006
Maldonne
Il y a peu de temps (c'était le mercredi 1er février) un téléfilm a été diffusé sur TF1 à 20 h 50 : "Maldonne". J'ai évidemment regardé vu que cela me concernait aussi, c'est l'histoire d'une jeune fille atteinte de myopathie (mon mari a bien sûr aussi regardé). Voici l'histoire du téléfilm :
Réalisé par Patrice Martineau
Musique : Christophe Boutin
Directeur de la photographie : Jean-Louis Sonzogni
Scénario, adaptation et dialogues de Mikaël Ollivier
Avec : Corinne Touzet (Sandrine Petit), Patrick Catalifo (Marc Vaillant), Alice Bromberg (Juliette Petit), Maaïke Jansen (Jacqueline Petit), Karina Marimon (Louisa), Lysiane Meis (Sophie), Jauris Casanova (Charles Vaillant), Ibtissem Guerda (Leïla), Jonathan Joss (Nico), Fabienne Berriau Pahud (Mère de Clotilde), Tiffany Tougard (Clotilde), Sébastien Landry (Etienne), Virginie Frappart (Nathalie).
l'histoire :
Sandrine et sa fille Juliette emménagent dans leur nouvelle maison, un pavillon neuf avoisinant une superbe demeure de caractère. Sandrine est volontaire et souriante mais ses traits et sa mise trahissent fatigue et même surmenage. Il faut dire qu'il n'est pas simple d'élever seule son enfant myopathe... A neuf ans, Juliette se déplace en fauteuil roulant et ne peut rien soulever, pas même sa tête. Mais depuis qu'elle est en âge de comprendre, Juliette se sait responsable du départ de son père. Incapable d'affronter le diagnostic des médecins au sujet de la myopathie de sa fille, encore bébé à l'époque, il a préféré abandonner femme et enfant. Aujourd'hui, Juliette n'a qu'une obsession : trouver un nouveau mari pour sa maman. Elle n'a de cesse d'arpenter les rues de son quartier où elle fait son casting d'hommes : trop vieux, trop jeunes ou trop... mariés. Enfin, elle arrête son choix sur Marc Vaillant, écrivain de son état, qui n'est autre que le frère du patron de Sandrine ! Candidat idéal... dans l'esprit de la petite seulement ! Car en vérité, Marc est un célibataire bourru et peu aimable qui ne supporte pas les enfants. Pas de quoi décourager l'opiniâtre Juliette qui, joueuse assidue de belote, voit la vie comme une partie où chaque joueur doit faire de son mieux avec les atouts qu'il a en main, et cela même quand, comme dans son cas, il y a eu "maldonne" à la distribution des cartes...21:05 Publié dans Téléfilm | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















